Les idées reçues ont la vie dure : un homme a toujours envie, son excitation ne baisse jamais !

Marc a 43 ans, cadre dans une grande entreprise il est en couple depuis 15 ans avec Eva, avocate. Ensemble ils ont deux enfants. En apparence, tout va bien. Mais dans le secret de leur chambre rien ne va plus. Eva brûle de désir pour son homme qui lui fuit, évite toutes situations de rapprochement.

Une maîtresse dans les parages me direz-vous ? Non.

Une question sur son orientation sexuelle me direz-vous encore ? Non plus.

Trop de travail essaierez-vous ? Oui, un peu Mais la sexualité récréative ne l’attire pas du tout.

Alors ?

Alors Marc comme beaucoup d’hommes souffre en silence d’une profonde atteinte à son identité masculine : il a eu des pannes d’érection. Une fois, ça peut arriver. Deux fois, trois fois… c’est trop ! La peur de l’échec, la honte vont l’entraîner dans un cercle vicieux de l’évitement de la relation intime qui se transforme petit à petit en perte de désir tout court. Malgré la tendresse de sa femme, ses paroles encourageantes et sa compréhension, une petite idée lancinante a germé, grandit : je ne suis plus un vrai homme.

Les injonctions que la société font peser sur les hommes telles que “soit fort” “soit performant” intériorisées depuis l’enfance vont façonner une image “d’être un homme”. “Un homme ça bande” ! L’érection constitue l’identité même de l’homme. C’est le symbole de sa puissance. Alors quand celle-ci fait défaut… c’est la débandade.

Ce qu’il y a de terrible pour beaucoup d’entre eux c’est la solitude, l’impossibilité d’aborder ce sujet avec qui que ce soit. C’est cette solitude qui renforce le mal être et l’absence de désir.

Le saviez-vous : 20% des hommes de 20 ans ont des dysfonctions érectiles, 30% à 30 ans, 40% à 40 ans, 50% à 50 ans…

La pharmacologie, la médecine sont venues apporter des réponses pour retrouver une fonctionnalité sexuelle. Parfois au delà de l’aspect fonctionnel, le désir reste aux abonnés absents car le désir sexuel n’est que l’expression d’un désir plus profond : le désir de vie. Des questions existentielles, des crises de couple peuvent mettre à mal le désir, c’est le travail thérapeutique qui pourra aider à retrouver du sens, le chemin vers soi, vers l’autre pour vivre une sexualité épanouie, réjouissante.

Il est temps de rétablir la vérité : Avec le temps la sexualité devient moins simple, moins élémentaire.

Il est temps pour les hommes de sortir du silence, de briser le tabou, d’oser en parler.

Il est temps pour les femmes de les y aider.

Sophie Lortat-Jacob