Je vous laisse découvrir ce You Tubeur qui dit beaucoup de vérité avec beaucoup d’humour !

Il me permet d’aborder ce thème si intime du désir sexuel dans le couple.

Combien de fois entendons-nous « Je n’ai plus envie…», « Je n’ai plus de désir pour lui / pour elle… », « Au début, tout allait bien, maintenant ce n’est plus pareil…»

C’est quoi le désir sexuel ? D’où vient-il ? Faut-il faire quelque chose pour le faire vivre ? Le désir sexuel chez l’homme est-il le même que chez la femme ?  Les femmes seraient-elles des « Diesel », lentes au démarrage et les hommes, en « bons scouts », toujours prêts ?

Le trouble du désir est le trouble le plus fréquent à traiter en accompagnement sexologique et conjugal, il est aussi le plus partagé aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En effet, la sexualité, un des piliers du couple, devient vite un sujet qui peut séparer.

Car la sexualité a cela de paradoxal : elle sépare les sexes et en même temps elle les rapproche, qu’ils soient de sexe opposé ou de même sexe. Compliquée cette histoire !

Posez-vous cette question : la sexualité dans votre couple vous sépare-t-elle ou vous rapproche-t-elle ?

C’est quoi le désir sexuel ?

Historiquement, la baisse du désir s’apparentait à l’impuissance chez l’homme et à la frigidité chez la femme.

La baisse du désir masculin ne se réduit-elle alors qu’à un problème d’érection et celui de la femme qu’à une idée sous-jacente de refus de l’acte sexuel ?

Le désir sexuel est une énergie psychologique (dans la tête) qui précède et accompagne l’excitation sexuelle (dans le corps). Parce que oui ! Nous n’avons pas qu’un corps avec ses envies, ses pulsions mais aussi une tête et un cœur et tout cela fonctionne ensemble! La sexualité n’est donc pas, et surtout pas, qu’une histoire de sexe ! C’est pour cela que c’est complexe !

Tout ce dont nous sommes pétris (notre comportement, notre histoire personnelle, nos apprentissages, nos fantasmes, nos croyances, notre manière d’être en lien avec l’autre) détermine notre désir sexuel. Tout cela constitue notre capacité à manifester ou pas de l’intérêt pour l’autre, pour s’imaginer avec lui dans l’intimité. Il est bon aussi de savoir si l’on désire la sexualité pour elle-même et pour son plaisir.

Le désir sexuel est donc le mobile de l’activité sexuelle : c’est ce qui met en appétit, ce qui motive. Il arrive souvent de désirer sans « consommer », ce qui provoque un manque, une frustration, une privation ou alors une augmentation de ce désir. Souvent, on désire une chose nouvelle mais désirer toujours l’autre avec le temps, ça peut lasser.

Dans sa vie sexuelle, l’individu a tendance à rechercher l’autre, objet de désir, pour s’en rapprocher. Nous sommes tous objet de désir pour l’autre. Le tout est de savoir devenir sujets ensemble.

Comment faire pour que le désir ne s’étiole pas ?

Le désir sexuel est indépendant de l’activité sexuelle. On peut ressentir du désir sans avoir de sexualité et on peut avoir une sexualité sans ressentir de désir.  Ce n’est pas une variable stable, il peut fluctuer avec le temps, les événements, le stress, la fatigue, les soucis, il est multi-factoriel. Il n’est surtout pas automatique, ce serait trop simple.

Pourtant, nous sommes tous des êtres de désir et comme le dit si bien Francesco Alberoni, sociologue italien, « Nous désirons toujours désirer encore plus », dans notre idéal.

Pour re-trouver ce désir sexuel, il faut surtout aller le chercher ailleurs que dans la sexualité !

Si on est trop focaliser sur la performance sexuelle, sur l’agir sexuel, on peut être sûr de ne pas y arriver. Il faut savoir montrer à l’autre que l’on a envie de lui en dehors du lit ! Que l’on a du plaisir à être avec lui/avec elle, à le/la retrouver le soir, etc.

Pour désirer, il faut manquer, il faut imaginer, il faut créer. Il faut savoir que le désir vient de l’autre mais il vient surtout de soi. On a besoin de désirer et de se sentir désirer. C’est une danse à deux !

On dit souvent que l’homme a besoin de désirer et la femme besoin de se sentir désirante. C’est vrai, mais il me semble important que chacun agisse dans les deux sens : désirer et se sentir désirant comme des vases communicants.

N’oublions pas que la sexualité est un langage et que, par mon désir, ou mon non désir, je dis beaucoup à l’autre. Si l’autre ne me consacre pas assez du temps, ne m’écoute plus comme avant, s’il n’a plus d’attentions pour moi, je n’aurais pas envie de lui faire plaisir au lit (ou ailleurs) !

Dans l’amour durable, il faut savoir être inventif : mettre de la distance, savoir se retrouver, créer des conditions adéquates à cette montée du désir. Il est important de donner un espace à la naissance du désir : une mise en place d’un temps relationnel à deux. Prendre du temps pour son couple, c’est créer un espace de rencontre où le désir peut prendre sa place. Une espace de disponibilité à soi et à l’autre. Le développement personnel du couple  en quelque sorte ! On sait si bien prendre soin de soi aujourd’hui, prendre soin de son couple requière les mêmes remèdes !

Le désir n’est jamais acquis, il nécessite un investissement personnel actif. Il faut savoir le faire évoluer au fil du temps, il faut s’adapter et ne pas se référer toujours au désir antérieur. Ne surtout pas tomber dans ce piège.

Plus vous aurez de temps en couple, plus ce couple prendra sa place et plus l’envie de partager et de communiquer dans l’intimité sera facile.

Bénédicte de Soultrait